⚠️ Cas concret 2026 — Appliquée à
gofoodup.com(marque “FoodUp”), cette méthode renvoie un blocage dès l’étape 1 : le site n’affiche aucun SIRET ni SIREN, rendant impossible toute vérification d’existence légale via l’annuaire des entreprises ou Pappers. Le fondateur, identifiable via ses publications LinkedIn publiques, opère explicitement depuis Dubaï / Sharjah tout en démarchant le marché français. Voir l’étude de cas factuelle complète →
Avant de confier votre profil Uber Eats / Deliveroo à une “agence” ou un “accélérateur” qui vous démarche, vous avez le droit (et l’intérêt direct) de savoir : qui est-ce, depuis quand, combien de salariés, quel chiffre d’affaires, qui sont les dirigeants. En France, toutes ces informations sont publiques et gratuites. Voici la méthode.
Les 2 sources publiques à connaître
1. Annuaire des Entreprises (data.gouv.fr)
annuaire-entreprises.data.gouv.fr est le service officiel de l’État. Cherchez par nom de société ou par SIRET. Vous obtenez immédiatement :
- Forme juridique (SAS, SARL, etc.) et capital social
- Date de création
- Adresse du siège social actuel
- État administratif (active / radiée)
- Activité principale (code NAF)
- Tranche d’effectif
- Nom du dirigeant principal (le plus souvent visible)
2. Pappers (pappers.fr)
Pappers.fr est un service privé qui agrège les données officielles du Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), de l’INSEE et de l’INPI. La consultation de base est gratuite. Vous y trouvez tout ce que l’annuaire de l’État donne, plus :
- Comptes annuels (bilan, chiffre d’affaires, résultat) déposés au greffe — souvent les 3 à 5 dernières années
- Procédures collectives éventuelles (redressement, liquidation)
- Historique des dirigeants et des modifications statutaires
- Liste des établissements secondaires
- Marques déposées
La méthode en 5 étapes
Étape 1 — Récupérer le SIRET du prestataire
Sur son site, cherchez les mentions légales. Le SIRET doit y figurer (14 chiffres). Si vous n’avez qu’un SIREN (9 chiffres), Pappers fait la conversion automatiquement.
Si le site ne mentionne ni SIRET ni SIREN nulle part : c’est un manquement à l’article R. 123-237 du Code de commerce, et c’est déjà un signal d’alarme — ne signez rien à ce stade. Voir l’article sur les mentions légales obligatoires pour plus de détails.
Étape 2 — Vérifier l’existence sur l’Annuaire des Entreprises
Allez sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr et tapez le SIRET (ou la raison sociale). Trois cas possibles :
- Société active : raison sociale, adresse et date de création correspondent à ce que le prestataire affiche → OK, vous pouvez continuer.
- Société radiée : elle n’existe plus légalement. Tout contrat signé avec elle est sans objet. Arrêtez ici.
- Aucun résultat : le numéro communiqué est faux ou la société n’a jamais existé en France. Ne signez rien et signalez à la DGCCRF (signal.conso.gouv.fr).
Étape 3 — Consulter les comptes annuels sur Pappers
Sur Pappers, tapez le SIREN. Cherchez la section “Comptes annuels”. Trois éléments à observer :
- Date du dernier dépôt : si la société a été créée il y a plus de 18 mois et n’a déposé aucun compte, c’est anormal (obligation de dépôt annuel, art. L. 232-23 Code commerce).
- Chiffre d’affaires des 3 dernières années : cohérent avec ce que le prestataire revendique ? Une “agence” qui prétend gérer “+50 restaurants partenaires” mais affiche 30 000 € de CA n’a probablement pas de quoi soutenir cette affirmation.
- Résultat net : société en perte chronique sans capitalisation derrière = risque de défaillance dans les 12 mois.
Étape 4 — Croiser les dirigeants
La page Pappers (ou Annuaire des Entreprises) affiche le nom du dirigeant principal. Cherchez ce nom sur LinkedIn / Google :
- Profil LinkedIn cohérent avec l’activité affichée sur le site ?
- Historique professionnel (expériences précédentes, formation) — un fondateur de “SaaS data restauration” qui n’a jamais touché à la data ou à la restauration est un signal.
- Adresse géographique mentionnée par le profil : si le dirigeant déclare ouvertement opérer depuis Dubaï, Sharjah, Tanger ou tout autre pays hors UE alors que la société est immatriculée en France et facture en français… ce n’est pas illégal, mais cela mérite un éclaircissement contractuel (juridiction compétente en cas de litige, TVA, capacité de recours).
Étape 5 — Vérifier l’ancienneté de l’offre
Cherchez sur LinkedIn les posts publics du fondateur sur les 12-24 derniers mois. Question simple : l’offre actuelle a-t-elle toujours été la même ?
Plusieurs pivots successifs en moins d’un an (un mois “outil de réconciliation pour franchiseurs”, trois mois plus tard “accélérateur Uber Eats avec audit menu”) sont un signal de jeunesse opérationnelle. Ce n’est pas disqualifiant en soi — beaucoup de startups pivotent — mais c’est un élément à mettre dans la balance face à la promesse commerciale (“+26 % de CA moyen”, “Top 3 classement local”, etc.) que vous achetez.
Cas appliqué : gofoodup.com (marque “FoodUp”) en mai 2026
Application de cette méthode à un prestataire actuellement en ligne et démarchant le marché français — gofoodup.com, marque commerciale FoodUp. L’analyse complète est dans l’étude de cas factuelle. Voici les constats par étape :
- Étape 1 (SIRET sur le site) : aucun SIRET, aucun SIREN, aucune mention légale → vérification impossible. La méthode s’arrête là pour un restaurateur prudent.
- Étape 2 et 3 (Annuaire + Pappers) : impossible à effectuer car aucun identifiant n’est fourni. On ne peut donc pas vérifier l’existence légale, ni la date de création, ni le chiffre d’affaires, ni la situation financière.
- Étape 4 (croisement du dirigeant) : un profil LinkedIn public attribué au fondateur (“Founder @FoodUp | Decoding delivery platform data to improve restaurant performance”) mentionne explicitement une base à Dubaï / Sharjah comme localisation principale. Recrutement public de “5 Business Developers — Remote ou basé à Dubai / Sharjah · Fixe + commission déplafonnée” avec email de candidature
[email protected]. Le profil revendique aussi un éloge du contexte dubaïote (“créer une société en 24 h, ouvrir un compte pro le temps d’un café, sans stress, sans jugement, sans attendre”). - Étape 5 (ancienneté de l’offre) : le même profil LinkedIn a publié 8 mois plus tôt une annonce de lancement présentant un produit complètement différent — “GOFOOD’UP : une couche de contrôle pour têtes de réseau qui sécurise les revenus quand le franchiseur redistribue. […] rapprochement bancaire automatisé, détection des retards d’encaissement et des écarts de reversement”. C’était positionné comme un outil B2B de trésorerie pour franchiseurs. 5 mois plus tard, le même fondateur recherche publiquement un Web Designer et un freelance Figma pour redesigner “un projet type SaaS”. Aucune trace publique d’activité réelle sur le premier positionnement avant le pivot vers l’offre actuelle d’accélérateur Uber Eats / Deliveroo.
Aucun de ces points n’est illégal pris isolément. Ensemble, ils dessinent le profil d’une structure jeune (offre actuelle <8 mois), opérant depuis l’étranger (Dubaï), incapable (ou peu désireuse) de fournir les éléments d’identification légale qu’un client professionnel français est en droit d’attendre. Score sur les 8 critères de conformité LCEN/RGPD : 0/8.
En 30 secondes : la check rapide
Si vous voulez aller vite :
- Site du prestataire → SIRET ? NON → STOP.
- SIRET → Annuaire des Entreprises → société active ? NON → STOP.
- SIREN → Pappers → comptes déposés ? CA cohérent avec la promesse ? NON → drapeau rouge.
- Nom dirigeant → LinkedIn → cohérence avec l’offre, localisation, historique ? Incohérences → prudence.
Vous venez de gagner potentiellement plusieurs milliers d’euros et plusieurs mois de problèmes opérationnels. Aucune signature n’est urgente au point de sauter ces 30 secondes.
Le bon réflexe pour la suite
Travaillez avec des prestataires qui vous facilitent ces vérifications au lieu de vous obliger à les faire. Fooderise affiche son SIRET, ses CGV, sa politique de confidentialité et son DPO depuis le footer de chaque page. Les comptes annuels sont publics, l’équipe est identifiable, et le siège est en France avec juridiction française par défaut dans les contrats. Ce n’est pas un avantage compétitif extraordinaire — c’est juste le minimum.
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